SOLO est une plateforme de facturation électronique conçue pour les micro-entrepreneurs et les indépendants. Cet essai cherche à voir si la solution, agréée par la DGFiP, aide vraiment à passer les échéances de la réforme de 2026 tout en simplifiant la gestion quotidienne. Testée sur la création de factures, les déclarations URSSAF et le suivi de trésorerie, elle s’avère bien adaptée aux solopreneurs qui veulent rester en règle sans se compliquer la vie.
SOLO en bref : un outil pensé pour les micro-entrepreneurs
SOLO n’est pas un logiciel de facturation généraliste. Édité par Portail Auto-Entrepreneur, un acteur bien connu des indépendants, il vise le régime de la micro-entreprise. Cette spécialisation se voit dès la prise en main : l’interface parle le langage de l’auto-entrepreneur, sans jargon comptable inutile. La plateforme revendique plus de 100 000 utilisateurs en 2026 et obtient une note moyenne de 4,6/5 sur l’ergonomie et la pertinence pour ce public.
Une solution 100% dédiée à la micro-entreprise
Là où des outils comme Pennylane ou Sage sont conçus pour les PME et les sociétés, SOLO assume un périmètre volontairement restreint. Le logiciel ne gère ni la paie, ni les stocks, ni les comptes en société. En contrepartie, il automatise tout ce qui concerne le régime micro : calcul des cotisations, suivi des seuils de TVA, déclarations sociales. Cette approche très ciblée évite l’éparpillement et fait gagner du temps sur les tâches administratives.
Pour un dirigeant de TPE qui exerce en indépendant, l’outil remplace efficacement un tableur et plusieurs abonnements séparés. Le tableau de bord centralise devis, factures, dépenses et échéances sociales. L’ensemble se prend en main sans formation préalable.

Un éditeur agréé par la DGFiP
Le statut de Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) est un vrai marqueur de crédibilité. SOLO a obtenu son immatriculation officielle auprès de la DGFiP en février 2026. Cela signifie que la plateforme est autorisée à transmettre les factures électroniques à l’administration et au Portail Public de Facturation (PPF). L’utilisateur n’a donc pas à gérer la technique de la réforme.
À l’approche du 1er septembre 2026, date limite pour être en capacité de recevoir les factures électroniques, les auto-entrepreneurs doivent choisir une solution conforme. SOLO fait partie des rares plateformes nativement agréées dès le 12 juin 2026, selon la liste officielle publiée par la DGFiP.
Conformité 2026 : ce que SOLO apporte vraiment
La réforme de la facturation électronique impose de nouveaux formats structurés à toutes les entreprises assujetties à la TVA. SOLO gère ces contraintes de bout en bout, de la réception à l’archivage, en passant par le e-reporting.
Un agrément PDP concret pour l’utilisateur
Être une PDP ne signifie pas seulement afficher un badge de conformité. SOLO est interconnecté au PPF et aux plateformes des fournisseurs. Les factures reçues sont automatiquement converties dans des formats valides comme Factur-X, UBL 2.1 ou UN/CEFACT CII. L’utilisateur n’a aucune manipulation à effectuer : le document arrive dans son espace, prêt à être consulté ou archivé.
En cas de contrôle, les factures sont stockées pendant 10 ans dans un espace sécurisé. Cet archivage légal répond aux exigences de l’article 1025 du Code général des impôts. La plateforme garantit également l’intégrité des documents grâce à une piste d’audit fiable.
La réception gratuite avec Solo Start
L’offre d’entrée de gamme, Solo Start, est gratuite et sans engagement. Elle permet de recevoir des factures électroniques conformes en quantité illimitée. Pour un auto-entrepreneur dont l’obligation immédiate est la réception, cette offre supprime la question du coût. Il est possible de s’inscrire sans fournir de coordonnées bancaires.
Pour émettre des factures professionnelles, il faut passer sur une offre payante. Les indépendants qui doivent facturer leurs clients dès maintenant devront souscrire à Solo Go à partir de 12 € HT par mois.
Le e-reporting simplifié
Les ventes aux particuliers et les opérations internationales ne donnent pas lieu à une facture électronique. Elles doivent tout de même faire l’objet d’un e-reporting auprès de l’administration. SOLO prend en charge cette transmission automatiquement pour les transactions réalisées via son module de paiement en ligne. Pour les paiements en espèces ou par d’autres canaux, il est possible de renseigner les montants manuellement dans l’outil.
Les micro-entrepreneurs en franchise de TVA n’y échappent pas. SOLO alerte d’ailleurs lorsque les seuils de franchise approchent, ce qui évite les mauvaises surprises en cours d’année.
Fonctionnalités et usage au quotidien
Au-delà de la conformité, SOLO sert aussi d’outil de pilotage pour l’indépendant. Les fonctions essentielles sont la création de devis, l’émission de factures, la déclaration URSSAF et le suivi de trésorerie.

Créer une facture en 30 secondes
La création d’une facture conforme prend en moyenne 30 secondes. Le logiciel génère automatiquement le format structuré et garde un rendu professionnel à l’export. Les champs se remplissent à partir des informations du client, enregistrées une seule fois. L’utilisateur peut personnaliser l’en-tête, les couleurs et le logo.
Les délais de paiement sont souvent un point sensible chez les indépendants. SOLO intègre un module de paiement en ligne dans l’offre Go, qui accélère les encaissements. Le client reçoit un lien de paiement sécurisé et le règlement est automatiquement rapproché de la facture correspondante.
Une déclaration URSSAF automatisée et fiable
La fonctionnalité la plus appréciée par les utilisateurs est le module de déclaration URSSAF, noté 4,9/5. SOLO calcule les cotisations sociales en temps réel en fonction du chiffre d’affaires déclaré et préremplit la déclaration. L’utilisateur n’a plus qu’à valider, ce qui réduit les erreurs de saisie. Cette automatisation repose sur une bonne maîtrise du régime micro-entrepreneur.
Le logiciel suit aussi l’évolution du revenu net après charges et cotisations. Il devient alors plus facile d’anticiper sa trésorerie et d’évaluer sa rentabilité réelle.
Suivi de trésorerie et synchronisation bancaire
SOLO propose une synchronisation bancaire sécurisée avec les principaux comptes professionnels : Qonto, Shine et la plupart des banques traditionnelles. Les transactions sont importées automatiquement, puis rapprochées des factures émises et des dépenses enregistrées. Cette fonction évite les doubles saisies et offre une vision fidèle de l’encaisse.
Le tableau de bord affiche quelques indicateurs clés : chiffre d’affaires du mois, net après charges, impayés éventuels. L’ensemble reste volontairement épuré pour ne pas noyer l’utilisateur sous des données comptables complexes.
Tarifs 2026 : que vaut SOLO face à la concurrence ?
La gamme tarifaire de SOLO est progressive et suit le développement d’une activité indépendante. Chaque offre a un périmètre clair, et les utilisateurs paient uniquement pour les services qu’ils utilisent réellement.

| Offre | Prix | Fonctionnalités principales |
|---|---|---|
| Solo Start | Gratuit | Réception illimitée de factures électroniques, devis, déclarations URSSAF |
| Solo Go | 12 € HT/mois | Factures illimitées, paiement en ligne, synchronisation bancaire |
| Solo Pro | 19,90 € HT/mois | Gestion de la TVA, e-reporting, assistance prioritaire |
| Solo Premium | 34,90 € HT/mois | Accompagnement par un conseiller expert, support téléphonique |
Toutes les offres payantes proposent 30 jours d’essai gratuits sans demande d’empreinte bancaire. Cette politique commerciale est plutôt offensive sur le marché.
Comparaison avec Indy, Tiime et Abby
Le marché de la facturation pour indépendants compte trois autres acteurs notables. Indy séduit par son modèle freemium plus étendu, avec un compte professionnel gratuit. Son module de déclaration sociale ne bénéficie toutefois pas de la même expertise métier que SOLO.
Tiime offre une interface moderne et une application mobile très soignée. Son tarif de 17,99 € HT par mois tout compris est plus élevé que l’offre Go de SOLO, surtout si l’on ajoute un compte professionnel.
Abby se rapproche le plus de SOLO sur la spécialisation micro-entreprise. Son agrément PDP n’est pas acquis d’emblée sur toutes les offres, ce qui complique la conformité. SOLO se distingue donc par son antériorité et sa reconnaissance DGFiP.
Points forts, limites et avis final
Après plusieurs semaines de test, le constat est simple. SOLO remplit sa mission pour les auto-entrepreneurs qui veulent se mettre en conformité rapidement et disposer d’un outil de gestion simple.
Ce qu’il faut retenir
- La spécialisation micro-entreprise répond aux besoins réels d’un indépendant.
- L’agrément PDP officiel rend la conformité native et vérifiable.
- L’automatisation URSSAF fait gagner du temps sur les déclarations.
- La réception gratuite rend la mise en conformité accessible à tous les budgets.
- Les factures et devis restent soignés visuellement.
Limites à connaître
SOLO n’est pas adapté aux sociétés constituées (SAS, SARL) ni aux entreprises avec salariés. La gestion de stocks est absente, et l’outil est limité à un seul utilisateur. Si votre activité évolue vers un statut juridique plus complexe, il faudra migrer vers un autre logiciel.
Le support téléphonique est réservé aux offres les plus coûteuses. Les utilisateurs de l’offre Go doivent se contenter d’un support par email ou chat. Ce point peut gêner les débutants qui préfèrent un échange oral.
Notre avis
Pour un micro-entrepreneur exerçant seul, SOLO est un choix rationnel : le prix est compétitif, la conformité est garantie et l’usage reste simple. La promesse « zéro stress administratif » est globalement tenue, grâce à une interface pensée pour des non-spécialistes. Au fond, c’est une solution clé en main pour ceux qui préfèrent investir leur temps dans leur activité plutôt que dans la comptabilité.
Face aux échéances de septembre 2026, l’agrément PDP et l’offre de réception gratuite lèvent le principal frein : le coût. SOLO ne cherche pas à tout faire. Il adapte la facturation au régime le plus répandu en France, avec un vrai gain de temps à la clé.


